Témoignage : Le Déclic

Il n’y a pas une seule personne que j’ai interrogé sur sa perte de poids qui ne m’a pas répondu que le déclic était la clef de tout.
Tout le monde utilisait ce mot magique qui signifiait le début d’un long chemin vers une nouvelle vie. Une nouvelle vie plus saine, plus équilibrée et source d’épanouissement. Hélas, le fameux déclic n’arrivait jamais. J’avais beau m’abreuver de citations motivantes, de photos de nanas toutes mieux foutues les unes que les autres : rien ne fonctionnait.

Je me disais “ok c’est bon ce lundi je commence”, après un repas trop gras je me regardais dans la glace dégoûtée de mon corps et je jurais “faut que ça change cette fois-ci je vais faire ce qu’il faut.” J’ai prévenu un million de fois mes amis de se préparer à voir une putain de transformation.
Sans jamais qu’elle arrive.

Les années ont défilées et les quelques petits kilos qui me gênaient en sont devenue une vingtaine. M’handicapant un peu plus jour après jour, me volant ma confiance en moi, les habits que j’adorais mettre et cette assurance totalement disparue.

La nourriture a de ça de vicieux qu’elle vous réconforte dans toutes les situations. Elle apparaît comme une amie bienveillante, confortable et rassurante. Mes mauvaises journées se soldaient parce que j’appelais des “gros craquages” pour me consoler de toutes les émotions négatives que j’avais ressentie. J’étais tellement dans une bulle d’auto-destruction que je n’avais même pas remarqué que mes “gros craquages” comme je les appelais étaient en fait des crises de boulimies en bonne et due forme. Tout était prétexte pour manger et me faire plaisir, j’avais beau voir les vergetures cisailler mes hanches, mes jeans préférés relégués au fond du placard et les avertissements de mes proches me siffler aux oreilles, c’était comme si j’étais devenue totalement aveugle et sourde. Personne ne pouvait me raisonner.

Avec le recul je pense que mon corps a essayé plusieurs fois de m’avertir des dégâts que j’étais en train de causer. Les insomnies, les nausées, les coups de blues étaient de plus en plus récurent mais j’attribuais ça au stress provoqué par mes relations amoureuses, le travail ou encore les tensions familiales.

Sans m’en rendre compte je rendais tout et n’importe quoi responsable de ma souffrance sans comprendre que le problème venait de moi. Je n’avais pas réalisé que je me récompensais en mangeant comme un chien à qui on donne une friandise pour s’être bien comporté. Je n’avais pas réalisé qu’il n’était pas normal de torpiller les rayons d’un hypermarché en sortant du travail juste parce que le boss m’avait fait vivre une journée d’enfer. Ou que le garçon que j’aimais bien avait décidé de m’ignorer. Peu à peu, la nourriture est devenue cette amie réconfortante à court-terme, toxique à long-terme. Tapie dans les limbes de ma conscience et de mes pensées obscures, elle se glissait dans toutes mes pensées. Manger. Manger. Manger.

Puis les réflexions de mon entourage ont commencé à sérieusement se multiplier, les regards appuyés, les sous-entendus, les blagues aussi. Mon auto-dérision est à toute épreuve et c’est sans doute ce qui a limité la casse mais il arrive un moment où lorsque chaque épreuve simple du quotidien devient compliquée à cause de l’image que l’on renvoie c’est là qu’il faut changer. Quand regarder une jolie fille dans la rue vous transperce le coeur c’est là qu’il faut changer. Quand profiter d’une journée à la plage ou d’une soirée en boite avec vos amis devient difficilement envisageable c’est là qu’il faut changer. Ne laissez pas vos complexes et vos kilos en trop vous définir.

Vous avez le pouvoir de changer.

Ce qui sert de déclic en fait, c’est tout simplement nous.


Vous pouvez envoyer tous vos témoignages à mespetitskilos@gmail.com
Chaque expérience est unique, mais ce n’est pas pour autant que vous êtes seule


Crédit Photo : PEXEL

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